Chaudenou
Maison forte dauphinoise du XIVème siècle

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LA

MAISON-FORTE

de Chaudenou

Ce qu’on appelait peut-être un peu prétentieusement dans les siècles passés le Château de Chaudenou, parce qu’il était flanqué à ses angles de quatre tours ou pavillons carrés, ne serait plus considéré de nos jours que comme une simple ferme, si toutefois on peut admettre que les indications fournies par la carte de l’état–major sont exactes.

Cette ancienne maison forte est située près du hameau de Lessenas, sur une éminence adossée au flanc méridional d’un massif de coteaux de 305 mêtres d’altitude. Elle domine au nord-ouest un hameau et le marais. De ce point élevé l’on jouit d’une vue ravissante qui n’est bordée à l’est que par la montagne du Mont-du-Chat ; au sud par le coteau de l’Isle-d’Abeau, au dessus duquel on aperçoit cependant les cimes neigeuses des Alpes dauphinoises ; mais du côté de Lyon la vue se perd à l’horizon du paysage.
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Un site aussi agréable devait nécessairement déterminer le choix de l’emplacement du château à celui qui le fit bâtir.

A peu de distance, au nord-est, on remarque sur la crête d’un côteau les vestiges du château de Roche-Vieille, dont nous aurons un jour l’occasion d’entretenir nos lecteurs.

 Ancienneté de Chaudenou

 Un voile épais nous cache l’origine de ce château. Sa massive construction indique cependant qu’il a été bâti à une époque fort reculée ; mais les tours datent seulement du commencement du XVIIe siècle.

Pour l’étymologie de ce nom, si l’on consulte le Glossarium de Du Gange, on peut supposer que Chaudenou forme un nom composé : Calma, qui du latin du moyen-age se traduit en français par Chau et signifie terrain en pente et Dun, mot celtique d’origine grecque qui veut dire coteau sablonneux ou hauteur dénudée. Down en anglais et Dune en français. Il y a dans les Hautes-Alpes des localités appelées Chaudun et Chaudon dont l’étymologie est la même.

Dans les divers documents que nous avons compulsés aux archives de l’Isère, on trouve le nom de Chaudenou écrit sous diverses formes : Chaudenoud, Chodenoud, Chaudenou, Chodenoz.

Cette maison-forte, après avoir originairement fait partie du mandement de Crémieu, avant qu’il eut été démembré, appartint ensuite au mandement de Saint-Romain, quoiqu’elle soit très éloignée de cette commune.

Comme le mandement de Saint-Romain dépendait du fief d’Anthon, le possesseur de Chaudenou était tenu de rendre hommage au seigneur d’Anthon, qui avait ainsi un droit de supériorité sur cet arrière-fief, de même que sur toutes les terres de St-Romain où il possédait aussi un château.

L’origine de cet assujettissement de Chaudenou et du mandement de St-Romain remonte en 1315.

En effet, par un acte du 2 février 1315 daté du Chuzelle, le dauphin Jean, comte de Vienne et d’Albon, seigneur de la Tour-du-Pin, fit un échange avec Louis seigneur d’Anthon, fils de feu Aymar, en son vivant, aussi seigneur d’Anthon et de Loyette, et de Marguerite de la Croix ou de Ste-Croix, celle-ci agissant pour le compte de son fils, alors sous sa tutelle, céda au dauphin le château de Péroges en Bresse avec tout son mandement et sa Juridiction.

En compensation, le dauphin céda à Louis d’Anthon la maison-forte de St-Romain, près de Crémieu, le Pont-de-Chéruy avec son fort et son péage, plus les lieux et paroisses de Tigneu, de Jameyzieu, de Saint-Romain, avec tous les moulins, droits de chasse et étangs que le dauphin y possédait ; mais il se réserva le droit de fief supérieur et l’obligation de lui rendre hommage.

Le petit fief de Chaudenou était donc compris dans la cession du dauphin, mais cela doit s’entendre seulement dans le sens du dominium ou le fief supérieur comme il vient d’être dit.

Cet échange fut confirmé, sans que nous puissions en expliquer le motif, par le dauphin Henri, évêque de Metz, régent du Dauphiné, le 5 janvier 1324, probablement parce qu’il avait des droits personnels sur une partie du fief d’Anthon.

Nous devons dès à présent informer le lecteur que le plan primitif de cette notice comprenait une étude historique sur les seigneurs d’Anthon que se sont succédés jusqu’à l’époque révolutionnaire. Quand le travail fut achevé, il nous fut facile de reconnaître que son ampleur exigeait qu’il fut restreint à Chaudenou seulement.

 Les seigneurs de Chaudenou

Pierre de Veyra

 Le plus ancien possesseur de cet arrière-fief qu’il nous a été possible de découvrir est noble Pierre de Veyra, dont le nom, comme celui de ses descendants, est différemment écrit : Vaire, Veyras, Vera, Verre, Veyle, Veraz, Veyre et Vert.

Ce Pierre de Veyra avait peut-être des liens de parenté avec Alayse de Veyras, femme de Guillaume de la Balme, qui possédait le château de Pusignan en 1420-1430. La similitude de nom pourrait le faire supposer, mais plusieurs historiens de la bataille d’Anthon ont transformé en Varax le nom d’Alayse de Veyras, orthographié ainsi dans des lettres patentes du roi Charles, datées de Saumur le 7 mars 1430 (1431 n.style).

Bergus

Extraits du courrier de Bourgoin vers 1896

 

Couples qui partez deux à deux,
De tous nos souhaits et de nos vœux,
Conservez bien la souvenance ;
Et, comme l'on dit en Provence :
« Savourez le pain des amours,
On n'en mange pas tous les jours. »

Docteur A.M., CHAUDENOUD, 16 juillet 1924.

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